La morphologie et l’évolution des cours d’eau

La morphologie d’un cours d’eau désigne la forme que la rivière adopte lors de son écoulement. Elle résulte d’une dynamique fluviale, liée à l’équilibre instable permanent entre le débit liquide du cours d’eau et son débit solide (charge sédimentaire).

Elle est influencée par plusieurs paramètres :

  • la pente : plus la déclivité est forte, plus l’eau s’écoule rapidement, ce qui favorise l’érosion. A l’inverse, lorsque la pente est faible, le courant ralentit et peut entraîner le dépôt de sédiments (graviers, sables, limons…)

  • la nature du sol : les caractéristiques géologiques et pédologiques conditionnent la stabilité des berges, la forme du lit et la vitesse de l’érosion

  • les caractéristiques hydrauliques : la largeur, la profondeur, la vitesse d’écoulement, la rugosité du fond et la charge sédimentaire

  • la dynamique fluviale : un cours d’eau peut modifier son tracé, déplacer son lit, former ou effacer des méandres. Des berges peuvent reculer ou se reformer, des zones d’érosion ou de dépôt apparaître. Soumis aux étiages, aux crues et aux inondations, le cours d’eau cherche à établir un équilibre dynamique entre le mouvement des sédiments et le transport de l’eau.

  • les aménagements (digues, barrages, endiguements, chenaux…) : ils peuvent stabiliser ou contraindre la morphologie du cours d’eau mais aussi perturber le fonctionnement naturel, en empêchant par exemple l’expansion des crues dans le lit majeur ou en perturbant la dynamique sédimentaire.

  • des travaux hydrauliques (curage, recalibrage, busage, etc.) : ces interventions modifient la forme du lit.

Les aménagements et travaux hydrauliques peuvent accélérer les réactions des cours d’eau, avoir un impact dans la zone, mais également à l’amont et à l’aval.